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Bienvenue Nous vous invitons à lire ici des articles clairs, concrets et efficaces, rédigés par les membres de l’équipe médicale du CIEM. Notre volonté est de vous sensibiliser à travers une information fondée sur nos compétences et notre expérience.
Bonne lecture.
L’équipe médicale du CIEM.

Baisse de l'audition : quelle conduite pratique ?

À l'occasion de l'acquisition par le CIEM de cabines d'évaluation de l'audition de qualité optimale et homogène, il nous a semblé important de faire une mise au point sur les troubles de l'audition.
La surdité ou hypoacousie désigne toute diminution de l'audition quelle qu'en soit l'importance. Une surdité peut être de transmission ou de perception en fonction du niveau d'atteinte anatomique.
• Une surdité de transmission correspond à une atteinte du conduit auditif externe et/ou du tympan et/ou du système des osselets situés juste après le tympan.
• Une surdité de perception correspond à l'ensemble des autres surdités dont l'origine est située entre les osselets et le système nerveux central.

La conduite pratique initiale consiste à déterminer le mode d'installation (brutal ou progressif ), le caractère uni ou bilatéral de la surdité, et recherchera la notion de traumatisme sonore, crânien ou pressionnel, des antécédents otologiques et héréditaires, la prise d'un traitement connu pour être toxique pour l'audition.
Des signes associés tels que des vertiges, des acouphènes orienteront vers une pathologie de l'oreille interne alors qu'un saignement, un écoulement de l'oreille, une obstruction nasale et un écoulement nasal apportent des arguments en faveur d'une atteinte de l'oreille moyenne. L'examen de l'oreille, mené avec un otoscope, étudie tout d'abord le conduit auditif externe. Il permet d'éliminer facilement un bouchon de cérumen ou épidermique, un corps étranger, une otite externe, une malformation congénitale et éventuellement une tumeur.
L'acoumétrie au diapason permet alors d'orienter le diagnostic entre une surdité de transmission et de perception.
L'audiométrie confirme le caractère unilatéral ou bilatéral, apprécie la gravité de la perte d'audition et suit son évolution.

Dans un contexte de surdité brutale, le recours à l'ORL est systématique pour réaliser une audiométrie complémentaire.

Schéma oreil interne

Une surdité brutale de transmission avec tympan normal fait évoquer une dysperméabilité de la trompe d'Eustache secondaire à une rhino-pharyngite ou à un barotraumatisme.

En cas de surdité progressive, le diagnostic est moins urgent. Il existe un nombre important de causes mais certains réflexes diagnostics doivent être connus :

  • une surdité unilatérale de transmission à tympan normal, le diagnostic est alors dominé par l'otospongiose, maladie génétique relativement fréquente (0.2 à 1 %) correspondant à une ankylose des petits osselets de l'oreille aboutissant à un défaut de transmission des sons vers l'oreille interne. Le scanner affirme le diagnostic et le traitement chirurgical,
  • une surdité de perception unilatérale progressive doit faire rechercher un neurinome de l'acoustique, tumeur bénigne d'un nerf crânien, le diagnostic est fait par l'IRM,
  • une surdité de perception bilatérale survenant par crise et associée à des vertiges et des acouphènes doit faire évoquer une maladie de Ménière,
  • une surdité de perception bilatérale et progressive fait évoquer le plus souvent une presbyacousie, liée à une atteinte multi-étagée de l'appareil auditif chez un sujet de plus de 50-60 ans. Au stade infra-clinique, il existe une difficulté de perception de certains sons aigus. Puis les troubles vont se manifester par des difficultés de compréhension en milieu bruyant : " j'entends, mais ne comprends pas bien", correspondant au stade de retentissement social (seuils audiométriques ≥ à 30 dB pour la fréquence 2 000 Hz), l'aggravation sera ensuite progressive sur plusieurs années. Des acouphènes sont présents dans 10 à 40 % des cas.

La prise en charge de la presbyacousie comporte au stade initial quelques conseils pour limiter l'aggravation du trouble. Ainsi les médicaments suivants sont à proscrire : la quinine, les salicylates et leurs dérivés (l'aspirine est permise mais pas à haute dose), les antibiotiques du groupe des aminosides. Il faut éviter les variations de pression brutale et/ou importante (plongeon de haut vol, plongées au-dessous de 3 mètres, la montagne au-dessus de 3000 m, l'aviation dans des appareils non pressurisés, le parachutisme). Les bruits de forte intensité doivent être évités.
L'appareillage constitue le seul traitement de la presbyacousie. Il doit être entrepris notamment pour éviter l'isolement et les difficultés d'apprentissage plus grandes avec le grand âge. Dans l'idéal, l'appareillage doit être bilatéral pour une meilleure efficacité.

Docteur Guy SCEMAMA
Docteur Guy SCEMAMA
Directeur Médical du CIEM
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