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Bienvenue Nous vous invitons à lire ici des articles clairs, concrets et efficaces, rédigés par les membres de l’équipe médicale du CIEM. Notre volonté est de vous sensibiliser à travers une information fondée sur nos compétences et notre expérience.
Bonne lecture.
L’équipe médicale du CIEM.

La médecine préventive : pourquoi ?

Chaque année, à l'annonce des 4 500 morts sur les routes, nous sommes sous le choc. Pourtant, durant la même période en France, nous enregistrons : 280 000 cancers du poumon (150 000 décès), 120 000 infarctus du myocarde (40 000 décès), 40 000 cancers de la prostate (9 000 décès), 37 000 cancers du côlon (17 000 décès). Deux millions de Français seraient atteints d'un diabète de type 2 (excès de sucre dans le sang lié à une résistance de l'organisme à l'insuline) quand 500 000 à 800 000 vivraient sans savoir qu'ils sont diabétiques. Bien que la population française vieillisse, environ 1/3 des années de vie sont perdues avant l'âge de 65 ans. Plus des 2/3 des décès en France sont dus à cinq maladies majeures : maladies cardiovasculaires, cancer, accidents vasculaires cérébraux, insuffisance respiratoire, diabète. Quel gâchis quand on sait qu'une amélioration de l'hygiène de vie et une détection précoce de facteurs de risque permettent d'améliorer significativement l'espérance de vie. Ce serait un excellent moyen de réduire les dépenses de santé qui ne cessent de croître grevant ainsi le budget national (206,5 milliards d'euros en 2007, plus de 11 % du PIB). Tel est l'objectif de la médecine préventive.

Faire de la médecine préventive, c'est vouloir modifier les comportements.

Si en France, la médecine préventive est efficace dans l'enfance et a permis une réduction très importante de la mortalité infantile grâce aux obligations de vaccination et de surveillance, elle est délaissée dès l'adolescence. Les femmes dont 80 % se soumettent à une surveillance gynécologique régulière acceptent le mieux la prévention. Cette attitude a permis une prévention du cancer du col de l'utérus par le dépistage des condylomes et des dysplasies (lésions précancéreuses) mais surtout une réduction relative de la mortalité par cancer du sein. En effet si entre 1975 et 1995, on note une augmentation de 60 % des cancers du sein, la hausse de la mortalité n'a été que de 8 %.

Pourquoi ce désintérêt ? Certainement plus un problème de culture que de moyens.

Comment définir la médecine préventive ? Il faut distinguer la prévention primaire qui consiste à lutter contre les conduites individuelles à risque, la mauvaise hygiène de vie (tabagisme, sédentarité, alimentation déséquilibrée, trop riche), la prévention secondaire qui s'apparente au dépistage, la prévention tertiaire visant à prévenir les rechutes et les complications de maladie.

La médecine préventive se distingue ainsi de la médecine du travail qui concerne la prévention des accidents du travail, des maladies professionnelles et la surveillance des travailleurs exposés à des risques particuliers. Elles sont complémentaires et l'une ne remplace pas l'autre.

Faire de la médecine préventive, c'est vouloir modifier les attitudes : repérer les situations à risque, les prendre en charge à un stade utile quand elles sont totalement asymptomatiques alors que le pronostic peut se voir transformer par des thérapeutiques simples. C'est ce que J. P. Michard et M. Cloarec, avaient compris dès 1961 en créant le CIEM. Déjà, ils mettaient en garde les consultants sur les méfaits d'une mauvaise hygiène de vie, ils s'étaient déjà lancés dans la prévention et le dépistage de l'insuffisance coronarienne asymptomatique. Depuis, si l'esprit est resté le même, le bilan du CIEM n'a cessé d'évoluer. Citons, entre autres, le dépistage des affections cardio-vasculaires, de la thyroïde, du cancer de la prostate, du cancer colorectal... L'ensemble du bilan permet d'avoir une image précise d'un consultant à un instant « t ». Certes il n'est pas possible de tout dépister, la médecine préventive a ses limites. Cependant, il est possible de prévenir ou de détecter précocement de nombreuses affections et d'en faciliter le traitement. Plus que l'image à l'instant « t » c'est le suivi qui est essentiel. Lors des bilans successifs, on peut mieux percevoir le génie évolutif des risques dépistés, le suivi et l'efficacité des mesures correctives préconisées.

Ces bilans ont en effet comme but essentiel de réduire les risques, d'augmenter l'espérance et la qualité de vie. Nos économistes ne partageront peut-être pas nos convictions même si une meilleure hygiène de vie réduit les dépenses de santé.
Mais augmenter l'espérance de vie a un coût pour la collectivité (13,5 millions de retraités en 2005, 10 millions de personnes de plus de 60 ans prévues entre 2000 et 2040 pour une augmentation de la population générale de 500 000 personnes). Cela est un autre débat.

Docteur Gilbert TUCAT
Docteur Gilbert TUCAT
Directeur médical du CIEM
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