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> En coulisses
Faut-il équiper son entreprise
d'un défibrillateur ?
La mort subite et la fibrillation ventriculaire
40 à 60 000 adultes sont victimes chaque année en France d'arrêt cardio-respiratoire brutal, autrement dit de mort subite. Ce qui fait une centaine par jour...
Dans 1 cas sur 2 environ, l'origine en est la fibrillation ventriculaire, c'est-à-dire une totale désynchronisation des cellules musculaires du cœur responsable de l'arrêt circulatoire ; celui-ci n'est alors réversible que par la délivrance d'un choc électrique. Les défibrillateurs automatisés externes (DAE)
On distingue les défibrillateurs entièrement automatiques (DEA) et semi-automatiques (DSA). Le décret n° 2007-705 du 4 mai 2007 autorise toute personne, donc non médecin, à utiliser les défibrillateurs automatisés externes (DEA et DSA), afin de porter secours à la victime d'un arrêt cardiaque.
On appuie sur « on », et, grâce à un système vocal, ce robot intelligent et de petite taille vous parle, il vous invite à sortir les 2 électrodes pré-gélifiées, autocollantes, puis à les coller sur la poitrine nue de la victime.
Il analyse alors le rythme cardiaque, détecte la fibrillation ventriculaire avec une spécificité proche de 100 %, mesure l'intensité du courant électrique à délivrer (impédance du thorax), et surtout, indique à l'utilisateur la marche à suivre : s'écarter de la victime et appuyer sur le bouton pour délivrer le choc ou bien reprendre la réanimation cardio-respiratoire et surtout le massage cardiaque s'il n'y a pas d'indication à choquer. La chaîne de survie
Si la loi autorise chacun de nous à utiliser le défibrillateur semi-automatique, le succès dépend beaucoup de la formation des secouristes et du respect des étapes de la chaîne de survie : 1- APPELER : la victime s'écroule, l'un de nous appelle les secours, le SAMU par le 15, les pompiers par le 18, suivant un protocole validé par le médecin du travail. 2- MASSER : pendant que l'un appelle les secours et s'enquiert d'un défibrillateur, un autre vérifie l'absence de conscience et de respiration, libère les voies aériennes et commence le massage cardiaque externe. 3- DEFIBRILLER : l'important est de gagner de précieuses minutes, le taux de réussite du choc passant de plus de 70 % dans les premières secondes à moins de 20 % après ¼ d'heure. 4- Arrivée des secours médicalisés, qui prennent la relève et assurent le transport à l'hôpital.
De plus en plus d'entreprises s'équipent d'un défibrillateur
L'arrêt cardio-respiratoire est un accident grave dont le pronostic est sombre et dépend de la cause de l'arrêt et de la rapidité de l'intervention. La présence de secouristes équipés d'un défibrillateur améliorera toujours le pronostic, mais on manque de données statistiques précises qui permettraient de prévoir l'amélioration de la survie quand le défibrillateur sera généralisé. Néanmoins le bon sens nous rappelle qu'un massage cardiaque même imparfait est toujours meilleur que pas de massage du tout et deux études statistiques montrent l'évident intérêt d'une défibrillation précoce :
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50 % des fibrillations ventriculaires se dégradent en asystolie (tracé plat) entre la 4ème et la 8ème minute,
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2 % des asystolies survivent...
Les entreprises n'ont aucune obligation légale de s'équiper d'un défibrillateur et la décision doit être prise par la direction avec le conseil du médecin du travail, en essayant d'évaluer le délai d'arrivée des secours professionnels, le nombre d'employés et de public sur place. Une moyenne d'âge élevée, un travail physique et un risque d'électrocution, seront autant d'arguments en faveur du défibrillateur. L'incertitude juridique actuelle peut enfin, par défaut, constituer un argument en faveur de cet équipement. En conclusion
L'amélioration du pronostic de l'arrêt cardio-respiratoire passe par les synergies suivantes : 1) les services d'aide médicale urgente (SAMU), service public implanté et perfectionné depuis 30 ans sur tout le territoire français, assurent une écoute permanente par des régulateurs qui peuvent juger de la gravité de l'accident, conseiller les secouristes, envoyer des unités mobiles de réanimation professionnelle, hautement spécialisées. 2) des bornes de défibrillation installées dans les lieux publics par les municipalités, dans les gares, les aéroports, les stades et désormais nombre de collectivités privées etc. Leur installation sous-entend la formation massive de la population aux soins de première urgence et à la défibrillation. 3) l'acquisition par les entreprises de taille moyenne ou de grande taille, de défibrillateur semi-automatique utilisable par une petite équipe formée et entraînée (service de sécurité ou personnel de l'accueil), sous la direction du médecin d'entreprise qui coordonnera la formation, l'entretien du matériel et le soutien psychologique des secouristes.
Docteur Antoine HESSEL,
Cardiologue au CIEM Octobre 2010
Faut-il avoir peur du malaise vagal ?
Le malaise vagal est synonyme de malaise vaso-vagal ou de syncope vaso-vagale s'il est suivi d'une perte de connaissance. Le mécanisme est complexe : il résulte d'un conflit d'intérêt entre le tonus sympathique (adrénaline, substance qui accélère le cœur) et le nerf vague (nerf ralentisseur du cœur prédominant la nuit), le vainqueur du conflit donnant son nom au malaise. Tout commence dans un contexte précis (position debout et immobile prolongée, atmosphère confinée, chaleur, peur, fatigue...) par un excès d'adrénaline qui va stimuler de façon exagérée des récepteurs situés dans le ventricule gauche qui vont eux-mêmes de façon inappropriée provoquer une levée brutale du tonus sympathique provoquant une vasodilatation (baisse de la pression artérielle) et une accentuation du tonus vagal (baisse de la fréquence cardiaque). Ce mécanisme rend compte des deux types de malaises que nous rencontrons au CIEM : émotif pendant la prise de sang ou sportif à l'arrêt trop brusque du test d'effort (où le lever du tonus sympathique n'est pas progressif).
Le diagnostic est le plus souvent aisé et représente près de 70 % des malaises.
Lorsque survient une syncope, elle est toujours précédée d'un malaise avec un cortège de symptômes : voile qui trouble la vision, sueur, faiblesse musculaire brutale, bâillement, bouche sèche, nausée, picotements des extrémités...
Lorsque l'entourage ou le patient, dont ce n'est pas le premier malaise vagal, reconnaît ces symptômes, le mieux est de l'allonger sur place (jambes surélevées) pour éviter une chute qui peut être traumatique ; le pire étant de le laisser aller seul à l'air libre ou aux toilettes comme il en exprime souvent le besoin car la chute est quasi certaine pendant le trajet.
La syncope vagale est souvent spectaculaire (pâleur extrême, pouls très lent ou imprenable) mais ne présente pas d'autre danger que la récidive et le traumatisme pendant la chute. Rarement, on aura besoin d'un examen complémentaire pour s'assurer du diagnostic (test d'inclinaison ou tilt-test pour les anglosaxons) et plus rarement encore un traitement, en général par bétabloquant, (qui bloque l'excès d'adrénaline) sera prescrit. CONCLUSION :
S'ils sont redoutés et angoissants pour le patient, le malaise ou la syncope vagal ne le sont pas pour le médecin qui n'aura à redouter que d'être troublé pendant une représentation de théâtre ou un repas au restaurant.
Docteur Olivier CHARON,
Cardiologue au CIEM Octobre 2010
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