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Bienvenue Nous vous invitons à lire ici des articles clairs, concrets et efficaces, rédigés par les membres de l’équipe médicale du CIEM. Notre volonté est de vous sensibiliser à travers une information fondée sur nos compétences et notre expérience.
Bonne lecture.
L’équipe médicale du CIEM.

Traitement hormonal de la ménopause

La ménopause est définie cliniquement par l'absence de règles pendant 1 an, et correspond à l'arrêt du fonctionnement des ovaires. Auparavant, en période de périménopause, les règles se rapprochent, s'espacent ou se prolongent. La carence en oestrogènes, caractéristique de la ménopause, se traduit par quatre symptômes majeurs :

  • Les bouffées de chaleur, qui surviennent le jour ou la nuit, et se manifestent par une sensation de chaleur qui envahit tout le corps et monte au visage, s'accompagnant de sueurs et de rougeurs. Outre le désagrément physique, ce symptôme est socialement invalidant lorsqu'il survient fréquemment,
  • Les sueurs nocturnes qui perturbent le sommeil,
  • La sécheresse vaginale altère la qualité des rapports sexuels, et retentit sur la libido,
  • Les douleurs articulaires peuvent intéresser toutes les articulations. Plus importantes le matin, elles s'atténuent au fil de la journée, et sont améliorées par la pratique de sports.

D'autres symptômes plus subjectifs apparaissent : troubles du sommeil, troubles de l'humeur, syndrome dépressif, baisse de la libido mais aussi sécheresse cutanée.
Enfin, cette carence hormonale a des conséquences sur la santé : diminution de la masse osseuse, responsable d'une ostéoporose et d'un risque de fractures ; apparition de troubles métaboliques (diabète de type 2, hypercholestérolémie, trouble de la coagulation et vieillissement artériel...) responsables d'une athérosclérose. Elle est également impliquée dans la survenue d'infarctus du myocarde, de troubles cognitifs, de troubles de la mémoire.

Les autorités de santé internationales et françaises ont donc réévalué l'intérêt de ce traitement et confirmé son utilité et son bénéfice, à condition bien sûr de tenir compte du terrain de chaque patiente et de réévaluer régulièrement son intérêt.

Enfin, secondaire aux troubles métaboliques de base, apparaît une redistribution des graisses qui se localisent alors à l'abdomen, et une diminution progressive de la masse musculaire. Le traitement de la ménopause comprend 3 axes :

  • Les mesures hygiéno-diététiques. Elles sont basées sur un arrêt du tabac et une consommation alcoolique limitée. L'alimentation doit être équilibrée, pauvre en sucres rapides et en graisses. Les légumes sont largement conseillés de même que les fruits (2 par jour). Le calcium peut être apporté par la consommation quotidienne de 3 produits laitiers, ou encore par de l'eau minérale telle que Contrexéville ou Hépar. La vitamine D est synthétisée par l'organisme, à condition de s'exposer au soleil au moins 10 min par jour entre 11h et 15h. Le cas échéant, un apport de 100000 UI de vitamine D tous les 3 mois est suffisant, surtout les mois d'hiver.
  • Une activité physique régulière contribue à contrebalancer le syndrome métabolique responsable des maladies cardiovasculaires et de la prise de poids, et ralentit l'apparition d'ostéoporose. Deux heures d'activité sportive hebdomadaires ou 45 min de marche rapide 3 à 4 fois par semaine sont un minimum. En outre, cette activité physique maintient la masse musculaire, au détriment de la masse grasse.
  • Le traitement hormonal de la ménopause (THM), administré dans le but de pallier cette carence, repose sur l'administration d'estradiol (estrogène naturel de la femme) associé à de la progestérone naturelle.

Au début des années 2000, des études américaines ont semé le doute sur l'innocuité de ces traitements. Rapidement, il est apparu des biais majeurs dans ces études, tant dans la nature des molécules utilisées, que sur les caractéristiques de la population de femmes étudiée. Les autorités de santé internationales et françaises ont donc réévalué l'intérêt de ce traitement et confirmé son utilité et son bénéfice, à condition bien sûr de tenir compte du terrain de chaque patiente et de réévaluer régulièrement son intérêt. S'il reste contre indiqué pour certaines femmes, notamment celles qui ont eu un cancer du sein ou de l'utérus hormono-dépendant, les bénéfices thérapeutiques du THM sont aujourd'hui bien connus et démontrés : correction des symptômes de la carence oestrogénique, permettant une disparition des bouffées de chaleur, réduction du risque cardiovasculaire, prévention de la perte osseuse...
Le traitement doit être instauré dès la ménopause, et au mieux dans les 5 années qui suivent.
L'application d'oestrogène par voie percutanée ou transdermique, annule le risque thrombo-embolique veineux et le risque d'accident vasculaire cérébral qui existe lorsque le traitement est administré par voie orale.
En moyenne, la durée de prescription est de 2 ou 3 ans en fonction de l'amélioration des symptômes, avec une adaptation de la dose minimale efficace qui peut varier avec le temps. Une réévaluation de la balance bénéfice/risque doit être faite annuellement. Certains traitements symptomatiques (à base de plantes, de béta alanine, de sérotonine...) ont un effet bénéfique mais néanmoins moindre que le THM sur la disparition des bouffées de chaleur, chez les femmes ne souhaitant pas prendre d'hormones ou lorsque le THM est contre indiqué.

Dr Véronique CAYOL
Dr Véronique CAYOL
Gynécologue
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