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Bienvenue Nous vous invitons à lire ici des articles clairs, concrets et efficaces, rédigés par les membres de l’équipe médicale du CIEM. Notre volonté est de vous sensibiliser à travers une information fondée sur nos compétences et notre expérience.
Bonne lecture.
L’équipe médicale du CIEM.

La dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA)

Première cause de malvoyance chez les plus de 50 ans dans les pays industrialisés, la DMLA affecte plus d'un million de personnes en France, et on estime que deux millions de Français en seront atteints en 2030.

La DMLA est due au vieillissement pathologique de la macula, la région centrale de la rétine, ce qui explique que la DMLA entraîne une tache floue au centre du champ visuel, tout en laissant en général intacte la vision périphérique ou latérale. L'âge est un facteur déterminant puisque la DMLA atteint 0,5 % de personnes de moins de 65 ans, 2 % des 70-74 ans, 2 à 4 % des 75-79 ans, et 10 à 15 % des plus de 80 ans. Le risque de développer une DMLA est multiplié par quatre en présence d'antécédents familiaux. Lorsqu'un œil est atteint, le risque de voir le second œil atteint est de 50 % dans les cinq ans qui suivent.

Il existe des facteurs protecteurs contre cette dégénérescence : absence de tabac (on y revient toujours !), alimentation riche en anti-oxydants (vitamines C et E), en omégas 3 (saumon, thon, maquereau), et en pigments jaunes et verts - la lutéine et la zéaxanthine - de la famille des caroténoïdes (épinards, brocolis, choux). Il faut également insister sur le rôle nocif du soleil pour la macula et sur la nécessité de s'en protéger par des verres filtrants tout au long de la vie. Ceux-ci sont encore plus nécessaires s'il existe des antécédents familiaux de DMLA et après chirurgie de la cataracte puisqu'il n'y a plus la protection naturelle liée au cristallin.

Principaux signes d'alerte de la DMLA :

  • Baisse de l'acuité visuelle
  • Baisse de la sensibilité aux contrastes et nécessité de plus de lumière pour lire
  • Déformation des lignes droites
  • Perte de la vision centrale (bonne vision d'ensemble d'une scène avec difficultés à en saisir les détails)

Les campagnes de dépistage de la DMLA permettent un diagnostic et une prise en charge plus précoce. Il existe un autodiagnostic consistant à regarder un quadrillage (tel qu'une page de cahier petits carreaux, mais aussi le carrelage de sa salle de bain). Tout aspect gondolé ou déformé des lignes, ou la disparition d'une partie de celles-ci doit vous amener à consulter. Le CIEM vous propose un dépistage systématique de la DMLA, et en cas d'anomalie, une consultation avec votre ophtalmologiste s'impose afin qu'il effectue un examen du fond d'œil L'avènement de méthode non invasive telle que la tomographie par cohérence optique (OCT) permet de visualiser toutes les couches de la rétine et de limiter le recours à un examen plus invasif, l'angiographie. Avec l'OCT, il est possible de préciser le stade évolutif de la maladie et de bien poser les indications thérapeutiques.

Il existe deux formes de DMLA qui ont les mêmes conséquences sur la vision mais qui évoluent à des vitesses différentes.

Dans les formes débutantes, l'arrêt du tabac et la prise de vitamines anti-oxydantes permettent de ralentir la progression de la DMLA. Le bénéfice d'une supplémentation en oméga 3, en lutéine et zéaxanthine est très probable.

Dans les formes sèches ou atrophiques, il n'y a pas de traitement spécifique actuellement. Un essai de greffes de cellules souches est en cours. Dans tous les cas, il est important de bénéficier également de techniques de rééducation de la vision.

La forme exsudative ou néovasculaire (prolifération de néovaisseaux sous la rétine) est la plus grave et heureusement la moins fréquente (20 %), malgré tout à l'origine de plus de 90 % des cas de malvoyance. Elle a bénéficié de progrès diagnostiques et thérapeutiques majeurs au cours des dix dernières années.

Les traitements « anti-angiogéniques » limitent la prolifération des néovaisseaux et sont utilisés maintenant en pratique courante. Les injections intra-vitréennes d'anticorps anti-VEGF (Vascular Endothelial Growth Factor, facteur de croissance vasculaire) constituent le traitement de référence de la DMLA exsudative. Ce traitement (Macugen® ou Lucentis®) permet une stabilisation de la vision centrale chez 90 % des patients et une amélioration chez 30 %, mais ne permettent pas une guérison définitive. Le traitement est injecté sous anesthésie locale de l'œil, toutes les 4 à 6 semaines. Les voies de recherche actuelles consistent à étudier une administration des anti-VEGF en collyre ou en comprimé et à mettre au point des molécules à longue durée d'action nécessitant moins d'injections. Une molécule anticancéreuse, l'Avastin®, est actuellement à l'étude.

(Remerciements pour la relecture au Dr Christophe Orssaud, ophtalmologiste, Hôpital Européen Georges Pompidou).

Deux formes de DMLA :

  • Forme sèche ou atrophique (80 % des cas) : évolution lente, pas de traitement spécifique, utilisation des anti-oxydants et rééducation de la vision.
  • Forme humide ou exsudative (20 % des cas) : évolution plus rapide, risque de baisse d'acuité centrale, liée à la prolifération de néovaisseaux, accessible à un traitement par laser (photothérapie dynamique) et anticorps monoclonal injecté dans l'œil de façon régulière.
Dr Marina KARMOCHKINE
Dr Marina KARMOCHKINE
Médecin au CIEM
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