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Bienvenue Nous vous invitons à lire ici des articles clairs, concrets et efficaces, rédigés par les membres de l’équipe médicale du CIEM. Notre volonté est de vous sensibiliser à travers une information fondée sur nos compétences et notre expérience.
Bonne lecture.
L’équipe médicale du CIEM.

Le dosage de la vitamine D au CIEM

Deux éléments ont conduit le CIEM à proposer un dosage systématique, lors de votre bilan, de la vitamine D : d'une part la constatation par plusieurs études d'une grande fréquence de déficit en vitamine D dans la population générale (50 à 80 % de la population suivant les latitudes) et d'autre part le fait que cette insuffisance pourrait être impliquée dans la genèse de maladies aussi variées que l'ostéoporose, le diabète, certains cancers, voire la maladie d'Alzheimer.

Tout d'abord qu'est-ce-que la vitamine D ?

Ce n'est pas à proprement parler une vitamine ! En effet, les vitamines sont par définition, apportées par l'alimentation car essentielles au fonctionnement de notre organisme mais non synthétisées par celui-ci. Pour la vitamine D, l'alimen­tation ne constitue qu'une source accessoire. On la retrouve dans les poissons gras (sardine, saumon), le beurre et les œufs mais en petites quantités.
La source principale de vitamine D est synthétisée par la peau sous l'effet des rayons solaires. Le rôle essentiel de la vitamine D est de permettre une absorption efficace du calcium alimentaire et donc une minéralisation osseuse optimale. D'où son impact connu de longue date sur les maladies osseuses du vieillissement telles que l'ostéoporose.

Plusieurs éléments rendent l'interpré­tation du dosage complexe. Il faut savoir que le taux de vitamine D dans le sang varie selon les saisons, puisqu'il est influencé en grande partie à l'exposition solaire. Par exemple, sous nos latitudes, le taux varie d'au moins 20 % entre l'été et l'hiver.

Le taux de vitamine D dans le sang varie selon les saisons puisqu'il est influencé en grande partie par l'exposition solaire.

Ainsi, une exposition solaire de quelques dizaines de minutes chaque jour pendant l'été peut régénérer le stock de vitamine D. Cependant, le processus est souvent imparfait car la synthèse par la peau de la vitamine D diminue avec l'âge et est très réduite avec l'utilisation des crèmes solaires protectrices.

Autre difficulté, les méthodes de dosage pouvant être différentes entre labora­toires, il vaut mieux comparer un dosage fait au CIEM avec un autre dosage fait au CIEM pour limiter les erreurs liées à la variabilité des mesures.

Une fois ces éléments connus, que faut-il faire si votre dosage est abaissé ?

La réponse n'est pas simple. En effet, on connaît de longue date les conséquences d'une carence profonde (vitamine D sérique indosable ou inférieure à 5 ng/ml). Il s'agit d'une maladie osseuse appelée rachitisme chez l'enfant (maladie ayant quasiment disparu en France) et ostéomalacie chez l'adulte. Dans ces situations la réponse est simple ; une supplémentation en vitamine D s'impose. De même, il est maintenant admis que les patients âgés doivent recevoir une supplémentation vitaminique D, qui par ses effets osseux et musculaires pourrait limiter les chutes et les fractures. Enfin, si des symptômes (douleurs ou faiblesse) sont rapportés dans un contexte d'insuffisance en vitamine D, un apport médicamenteux est recommandé.

En revanche, dans les autres situations, qui sont majoritaires au CIEM, la réponse n'est pas univoque. En effet, plusieurs situations pathologiques ont été associées à des taux bas de vitamine D.
Il s'agit de certains cancers (colon, prostate), de maladies infectieuses, du diabète, des maladies cardio-vasculaires en général et de la maladie d'Alzheimer.

Mais des associations de ce type retrouvées sur de grandes cohortes de patients suivis très longtemps dans un but épidémiologique sont à prendre avec beaucoup de précau­tions car il existe de nombreux biais d'interprétation et ne signifient en rien qu'une supplémentation systématique de la population corrigerait ces risques sans déclencher d'autres pathologies.

Bilan medical au CIEM

En pratique, si votre taux de vitamine D est en dessous de 10 ng/l, il faudra assurer un apport médicamenteux. Au dessus de ce taux, la prise en charge dépendra de votre situation clinique (âge, sexe, autres pathologies, risques de chute...) qui sera appréciée par le médecin. Dans tous les cas il faut assurer une exposition solaire régulière associée à un apport en calcium par le biais des produits laitiers dont la dose quotidienne actuellement recommandée est de 800 à 1 000 mg/j (pour référence un yaourt apporte 150 mg, un verre de lait 300 mg).

Enfin, il faut rappeler que la toxicité de la supplémentation en vitamine D est très faible et qu'en dessous d'un taux sanguin de 150 ng/ml elle est nulle. Donc si vous souhaitez prendre une cuillère à café d'huile de foie de morue chaque matin ou plus simplement une ampoule de 100 000 UI de vitamine D chaque trimestre car il n'existe pas de forme orale quotidienne disponible en France, vous ne courrez pas de risque particulier... dans le pire des cas cela n'aura pas d'influence sur votre organisme et dans le meilleur des cas vous vous prémunirez partiellement contre certaines pathologies fréquentes.

Dr Jean-Philippe HELLIER
Dr Jean-Philippe HELLIER
Médecin au CIEM
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