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Bienvenue Nous vous invitons à lire ici des articles clairs, concrets et efficaces, rédigés par les membres de l’équipe médicale du CIEM. Notre volonté est de vous sensibiliser à travers une information fondée sur nos compétences et notre expérience.
Bonne lecture.
L’équipe médicale du CIEM.

Dépistage du cancer de la prostate

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent en France chez l'homme. Plus de 40 000 nouveaux cas sont diagnostiqués et 10 000 patients décèdent chaque année de ce cancer. Toutes les études font état d'une augmentation de prévalence et d'incidence. Cette augmentation d'origine multifactorielle serait probablement étroitement liée au vieillissement général de la population.

Le dépistage en cancérologie consiste en l'application systématique dans une population asymptomatique d'un examen capable de détecter soit une lésion précancéreuse, soit un cancer infraclinique à un stade précoce de son développement. L'objectif ultime est de réduire la mortalité par cancer permettant ainsi de définir l'efficacité d'un dépistage. Deux conditions sont indispensables préalablement à l'instauration du dépistage :

  • disposer d'un test capable de détecter tôt le cancer,
  • disposer d'un traitement capable d'améliorer le pronostic des cancers dépistés

Seul le dépistage permet un diagnostic au stade curable et la réduction de la mortalité liée au cancer de la prostate. Ce dépistage s'adresse aux hommes de plus de 50 ans et jusqu'à 75 ans. Les hommes à risque (antécédents familiaux) justifient d'un dépistage plus précoce à partir de 45 ans.

Le dépistage repose sur un toucher rectal et un dosage annuel du PSA (antigène spécifique de la prostate) en sachant que l'échographie prostatique n'a pas montré d'intérêt dans le dépistage du cancer de la prostate :

  • Si le toucher rectal est anormal (palpation d'un nodule), les biopsies sont systématiques, même en cas de normalité du PSA.
  • Si le toucher rectal est normal, le seuil de PSA retenu pour réaliser des biopsies de la prostate est le plus souvent de 4 ng/ml, même si certaines équipes recommandent d'abaisser ce seuil à 3. Quoiqu'il en soit, le seuil tend à baisser chez l'homme plus jeune (entre 45 et 50 ans).

Il faut savoir que certaines situations peuvent provoquer une augmentation transitoire du PSA. Il s'agit par exemple d'une infection urinaire ou d'une manœuvre endorectale (une échographie, une endoscopie) récente.

Le diagnostic de cancer de la prostate repose sur des biopsies et non simplement sur une élévation du PSA, même si cette dernière est très importante en sachant qu'une série de biopsies négatives n'élimine pas le diagnostic de cancer de la prostate. Une anomalie au toucher rectal ou une élévation du PSA doivent être surveillées rigoureusement par une étroite collaboration entre le médecin traitant et l'urologue.

C'est lors de cette surveillance que le dosage de la fraction libre du PSA et la cinétique d'évolution du PSA peuvent avoir une importance particulière. Une élévation brutale du taux de PSA, d'une année à l'autre, même si elle ne dépasse pas 4 ng/mL doit inciter à la prudence. Un dosage de contrôle pourra être réalisé à 6 mois.

Lorsqu'existe une forte suspicion de cancer devant un taux de PSA élevé, une cinétique d'augmentation rapide du PSA, un rapport PSA libre / total < 10% et qu'une voire 2 séries de biopsies de prostate ont déjà été réalisées, on peut être amené à proposer au patient des biopsies de prostate « en saturation ». Ces biopsies sont le plus souvent réalisées sous anesthésie générale. Le but est de réaliser une véritable cartographie de la prostate en insistant sur les zones mal explorées lors des premières séries de biopsies, en particulier la zone antérieure et la zone transitionnelle de la prostate. Ainsi en fonction des volumes prostatiques un nombre plus ou moins important de biopsies sera-t'il réalisé.

Le dépistage du cancer de la prostate est donc une mesure efficace, en témoigne la diminution très nette du nombre de tumeurs révélées à un stade métastatique (0,6% versus 24% avant l'instauration du dépistage à une grande échelle).

Docteur Guy SCEMAMA
Docteur Guy SCEMAMA
Médecin Interniste du CIEM
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