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Bienvenue Nous vous invitons à lire ici des articles clairs, concrets et efficaces, rédigés par les membres de l’équipe médicale du CIEM. Notre volonté est de vous sensibiliser à travers une information fondée sur nos compétences et notre expérience.
Bonne lecture.
L’équipe médicale du CIEM.

Stratégies de dépistage du cancer du sein

Les estimations nationales françaises de 2012 font état de 49 000 nouveaux cas de cancers du sein invasifs.

Même s'il reste la première cause de mortalité par cancer chez la femme, puisqu'en 2012 il a entraîné 11 000 décès, le cancer du sein a un bon pronostic avec un taux de survie de 87 % à 5 ans pour les cancers diagnostiqués entre 2005 et 2010.

C'est l'un des taux de survie les plus élevés d'Europe. Ces chiffres encourageants sont la conséquence d'une part du dépistage à un stade précoce et d'autre part d'une amélioration des traitements et des protocoles de prise en charge thérapeutique.
L'incidence a beaucoup augmenté entre 1980 et 2005 puis a diminué. On suppose que cette diminution est due à la diminution massive de prescription de traitement hormonal de la ménopause à partir de cette date.
Par ailleurs, sur les 40 dernières années, le nombre de cancers a augmenté en Europe du Nord de façon parallèle à la généralisation du dépistage individuel et organisé. En raison de ce diagnostic précoce, l'âge de survenue du cancer du sein s'est abaissé en moyenne de 2 à 4 ans. Plusieurs hypothèses tentent d'expliquer ce phénomène, outre les facteurs hormonaux et les facteurs environnementaux cités plus bas :

  • Détection de petits cancers du sein préexistants de croissance lente (ce taux prévalent est de 50 % à 100 % fois plus élevé que celui des populations non dépistées).
  • Découverte de tumeurs qui ne se seraient jamais « exprimées » du vivant des femmes (10 à 15 % par rapport aux populations non dépistées).

L'objectif principal du dépistage du cancer du sein est la diminution de la mortalité spécifique en détectant le cancer à un stade très précoce dans une population supposée en bonne santé. Le diagnostic de cancer dès le début de son développement permet d'éviter les traitements lourds et augmente les chances de guérison. Plusieurs études scientifiques ont démontré l'efficacité d'un tel dépistage sur la réduction de la mortalité féminine par cancer du sein.
Le risque de survenue du cancer du sein augmente avec l'âge : environ la moitié des cas est diagnostiquée entre 50 et 75 ans, 22 % avant 50 ans et 24 % après 75 ans. Son origine est multifactorielle. Outre l'âge, ses facteurs de risque connus ont une origine hormonale ou liés aux modes de vie (utilisation d'un traitement hormonal, surpoids, tabagisme, alcoolisme) ou liés à l'environnement (exposition aux rayonnements ionisants). Si la majorité des cancers survient chez des patientes qui n'ont pas de facteur de risque, il existe également des cancers qui surviennent chez des femmes ayant une prédisposition génétique ou un antécédent personnel de pathologie mammaire.

Certains gènes mutés (BRCA1 et BRCA2) sont mis en cause dans la survenue de cancers chez des femmes très jeunes, et la stratégie de prise en charge de ces patientes est différente : à l'issue d'une consultation d'oncogénétique, qui évalue la pertinence d'un examen génétique, une surveillance spécifique et un traitement adapté sont proposés.

Il existe 3 façons de découvrir un cancer du sein :

  • Par une mammographie systématique prescrite par un médecin traitant ou un gynécologue, sans symptôme particulier, appelé dépistage individuel.
  • Par une mammographie réalisée dans le cadre du dépistage organisé par la Sécurité sociale. Ces deux situations représentent 90 % des diagnostics.
  • Par une mammographie réalisée après avoir découvert une boule dans un sein, ou parce qu'il est apparu un écoulement mamelonnaire (10 %).

Cette fréquence de la maladie, la possibilité de la traiter et sa survenue chez des patientes que l'on ne peut identifier a priori, a incité les autorités de santé (Assurance Maladie, Direction générale de la Santé et Institut national du cancer) à mettre en place au début des années 2000 un programme de santé publique. Entre 50 et 75 ans, toutes les femmes sont invitées à bénéficier d'une mammographie tous les 2 ans gratuitement ; l'efficacité d'un tel programme sur la diminution de la mortalité des femmes n'est plus à démontrer. Deux clichés radiographiques sont réalisés pour chaque sein et sont lus par deux radiologues différents : celui qui réalise l'examen d'une part et un second praticien qui l'interprète dans un second temps. Les conclusions sont rendues à la patiente à l'issue de cette seconde lecture. La patiente est reconvoquée si la mammographie montre une image suspecte, qui nécessite un prélèvement.
Même si cet examen suscite une anxiété chez bon nombre de patientes, son intérêt n'est plus à démontrer et la totalité des femmes qui vit en France doit se soumettre à cet examen peu contraignant.

Docteur Véronique CAYOL
Docteur Véronique CAYOL
Gynécologue au CIEM
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