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Bienvenue Nous vous invitons à lire ici des articles clairs, concrets et efficaces, rédigés par les membres de l’équipe médicale du CIEM. Notre volonté est de vous sensibiliser à travers une information fondée sur nos compétences et notre expérience.
Bonne lecture.
L’équipe médicale du CIEM.

La caféine : ange ou démon ?

La caféine fait partie de la famille des alcaloïdes comme la morphine. Présente à différentes concentrations, non seulement dans le café mais aussi dans le thé et le chocolat, elle est même, depuis le début du XXe siècle, incorporée dans des sodas. La caféine agit au niveau de nombreux organes en bloquant l'adénosine, molécule intervenant dans le métabolisme de l'énergie, libérant ainsi l'adrénaline et la dopamine. Ces hormones de stress sont à l'origine de ces effets stimulants. Mais certains effets de la caféine sont dus à ses produits de dégradation : la paraxanthine (84 %) apporte de l'énergie aux muscles en dégradant les graisses, la théobromine (12 %) augmente le flux sanguin et enfin la théophylline (4 %) relaxe les muscles lisses des bronches. La caféine est rapidement absorbée et agit tout aussi rapidement. Une particularité de la caféine est que sa sensibilité est propre à chaque individu.

Quels sont les effets de la caféine ?

Tout d'abord « ange » à des doses modérées de 300 mg par jour (environ 3 tasses de café), la caféine a une action stimulante sur le cerveau. Elle peut s'accompagner d'effets secondaires plus ou moins importants selon la sensibilité de chaque individu. Elle peut déclencher une irritabilité, une insomnie, voire une certaine anxiété. Sur le plan cardiovasculaire, elle augmente le rythme cardiaque et entraîne une vasodilatation. Au plan digestif, elle accélère le transit et sur le plan urinaire, elle augmente la fréquence des mictions, enfin des tremblements des mains peuvent apparaître.
Dans certaines situations médicales, la caféine a été testée pour son action stimulante. Ainsi une équipe coréenne dirigée par le Docteur Kim a montré que la prise de caféine facilite certaines postures chez les patients ayant eu un accident vasculaire cérébral. Une autre étude de cohorte, montre que les hommes consommant régulièrement du café développent moins souvent une maladie de Parkinson (effet non confirmé chez les femmes) et qu'en bloquant certains récepteurs, la caféine pourrait améliorer les symptômes de la maladie de Parkinson. La consommation de café (3 à 5 tasses quotidiennes) diminuerait le risque de démence de 65 % grâce à sa capacité antioxydante (étude CAIDE). La caféine a d'autres effets bénéfiques : à faible dose (100 mg soit 1-2 tasses de café), elle amplifie l'effet des antidouleurs.
Certaines études en cours montrent que la caféine pourrait aussi avoir un effet protecteur dans les maladies neurologiques dégénératives. Des études expérimentales réalisées chez la souris montrent que l'administration de caféine préviendrait la modification de la protéine Tau responsable des troubles de la mémoire dans la maladie d'Alzheimer. Ceci reste à démontrer chez l'être humain.

Mais la caféine peut aussi devenir « démon » à plus forte dose au-delà de 800 mg (8 tasses de café par jour). Les effets secondaires s’intensifient : anxiété, insomnie, irritabilité.

Sur le plan cardiovasculaire, l'accentuation des palpitations peut déclencher des troubles du rythme et une augmentation de la pression artérielle. Au niveau musculaire, les tremblements s'accompagnent de soubresauts et de contractures. Sur le plan digestif, outre l'apparition d'une diarrhée, le surdosage déclenche de fortes douleurs abdominales et des vomissements. D'autres effets indésirables moins fréquents peuvent être observés comme des troubles sphinctériens, des troubles de la vision et des acouphènes. A la longue s'installe une authentique addiction avec accoutumance et dépendance, responsable d'un syndrome de sevrage lors de l'arrêt de la consommation de caféine. Les fabricants de sodas l'ont bien compris. L'étude de l'équipe australienne dirigée par RS Keast montre que l'ajout d'une faible dose de caféine dans les boissons sucrées entraîne une dépendance, facteur aggravant de l'obésité. Certains aux USA se demandent s'il ne faut pas légiférer pour limiter la dose de caféine dans les sodas. L'insomnie guette également les grands consommateurs de caféine. Une étude a montré que la consommation d'une tasse de café ou d'un soda enrichi en caféine 6 heures avant l'endormissement, faisait perdre une heure de sommeil.
Chez la femme enceinte, la prise de café est considérée comme anodine mais des études ont montré qu'une consommation de 200 mg de caféine (2 tasses de café) ou plus multiplient par 2 le risque de fausse couche et augmenterait le risque d'obésité chez l'enfant.

La profusion d'articles médicaux sur la caféine (plus de 1000 articles publiés en 2014) montre que cette substance ne nous a pas délivré tous ses secrets. Néanmoins, il faut retenir que la sensibilité à la caféine est propre à chacun, que son effet stimulant est au prix de nombreux effets secondaires, qu'il s'agit d'une substance addictive, qu'il existe des espoirs dans certaines maladies neurologiques dégénératives mais surtout que sa consommation doit être limitée en particulier chez la femme enceinte.

Dr Franck IGLICKI
Dr Franck IGLICKI
Médecin au CIEM
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