CIEM
 
Fermer la fenêtre
Transférer cette page par email :
 
Destinataire 1 (email)
Destinataire 2 (email)
Destinataire 3 (email)
Destinataire 4 (email )
 
Votre nom
Votre adresse email
 
Bienvenue Nous vous invitons à lire ici des articles clairs, concrets et efficaces, rédigés par les membres de l’équipe médicale du CIEM. Notre volonté est de vous sensibiliser à travers une information fondée sur nos compétences et notre expérience.
Bonne lecture.
L’équipe médicale du CIEM.

Qualité des analyses médicales : critères d'évaluation et importance de la phase pré analytique

La qualité d'une analyse de biologie médicale se définit par l'exactitude du résultat rendu aux cliniciens, soit la différence (ou biais) entre la valeur trouvée et la valeur « vraie ». La valeur « vraie » est la valeur qui aurait été trouvée par un système de mesure dit « zéro défaut ». Malheureusement, aucun système de mesure ne répond à ce critère. En effet, la biologie n'est pas plus parfaite que les autres sciences : chaque mesure est affectée d'une erreur totale ou inexactitude qui est la résultante des erreurs systématiques (erreurs de justesse) et aléatoires (erreurs d'imprécision). Il est à noter que la valeur vraie est ainsi elle-même entachée d'inexactitude ce qui complique singulièrement le problème mais nous sortons alors du propos de cet article.

Considérons l'exemple d'une glycémie (dosage de sucre dans le sang), dosée 5 fois de suite dans le sérum d'un même patient, dont la valeur vraie (ou supposée telle) est 1,00 g/l. Soit les résultats suivants (en g/l) : 0,89 / 0,88 / 0,90 / 0,89 / 0,88. On peut affirmer sans peine que les résultats sont précis, car les mesures sont homogènes, mais pas justes. Soit la même expérience par une autre technique avec les résultats suivants : 0,85 / 1,04 / 1,02 / 1,14 / 0,95. Dans ce cas, les mesures sont imprécises mais paradoxalement, la moyenne des résultats est juste. Or c'est sur le résultat de plusieurs mesures (de quelques dizaines à plusieurs milliers) qu'une technique est appréciée, en calculant une moyenne et un écart type. Une technique peut donc être jugée précise mais pas juste et inversement. Les causes de ces 2 erreurs sont différentes et doivent être maîtrisées par le laboratoire.

Dans les 2 cas précédents, l'inexactitude est inacceptable. Les critères d'acceptabilité de l'inexactitude des dosages sont définis pour chaque métabolite* par les sociétés savantes françaises et internationales en fonction des valeurs de références, des variations biologiques intra-individuelles, des exigences des cliniciens et de l'état de l'art, qui est apprécié par les performances analytiques des meilleurs laboratoires inscrits volontairement aux contrôles externes de qualité (c'est le cas du laboratoire du CIEM).

Un autre phénomène intervient cependant dans les valeurs mesurées : les conditions pré analytiques. En effet le résultat trouvé est supposé identique à un dosage effectué directement dans les fluides corporels du patient, ce qui est impossible actuellement (mais réalisable dans un futur peut-être proche).

Or les métabolites du sang subissent, dès que celui-ci est extrait, une dégradation et/ou la poursuite de leur métabolisme. Reprenons l'exemple de la glycémie dosée à 1 g/l (au CIEM !) à l'instant t. Le glucose est un aliment énergétique pour les leucocytes (globules blancs) du sang qui continuent à le consommer sans modération, surtout si le tube est conservé à température ambiante. On peut considérer qu'à t + 1 heure, le résultat pourrait être de 0,9 g/l et à t + 2 heures de 0,8 g/l, sans les mesures de pré traitement appropriées.

Ces phénomènes, qui se manifestent différemment selon les métabolites, dépendent de la technique et de la qualité du prélèvement, de la durée du stockage, des éventuelles conditions de transport vers un autre laboratoire (respect de la chaîne du froid ou de la température de 37°C) et des conditions de pré traitement des échantillons avant leur dosage proprement dit. Ils dépendent en fait de l'organisation interne du laboratoire et de la dissémination ou non des échantillons biologiques dans différents services ou même différents laboratoires, ceux-ci se regroupant désormais à l'échelle d'une région pour partager les domaines d'analyses.

Ce problème est maîtrisé au CIEM car notre plateau technique, regroupé en totalité sur le même niveau, traite en continu tous les échantillons biologiques, du prélèvement au rendu des résultats (hormis les examens très spécialisés). Nous pouvons donc à la fois répondre à la demande des bilans médicaux dans la demi-journée et aux critères de qualité exigés par nos cliniciens.

* Un métabolite est le produit de la transformation d'une substance de l'organisme.

Docteur Jean-Marie DEVER
Docteur Jean-Marie DEVER
Directeur du laboratoire
Vidéo Lancer la vidéo