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Bienvenue Nous vous invitons à lire ici des articles clairs, concrets et efficaces, rédigés par les membres de l’équipe médicale du CIEM. Notre volonté est de vous sensibiliser à travers une information fondée sur nos compétences et notre expérience.
Bonne lecture.
L’équipe médicale du CIEM.

Managers de l'extrême...?

Düsseldorf, Philadelphie, Mexico, Kyoto, Bruxelles, Paris... A n'en pas douter notre adhérent arrivait au CIEM pour son bilan de santé annuel en parfait globe-trotter de la mondialisation. Rien à signaler sauf un rythme professionnel effréné. La numération sanguine pourtant ce matin-là montrait une baisse vertigineuse des globules blancs attachés à la défense anti-infectieuse, soit seulement 1 005 polynucléaires neutrophiles par millimètre cube. L'examen clinique était rassurant, mais le chiffre ne l'était pas, pas du tout. Peut-être même bientôt une chambre stérile – ne sait-on jamais - s'annoncerait comme salvatrice ! Chiffre de globules blancs bien sûr vérifié par notre laboratoire du CIEM et confirmé. Le dialogue alors s'instaure qui s'achemine - prudence ou nécessité - vers des investigations plus poussées en milieu spécialisé et, ce, immédiatement de retour à Bruxelles. Lorsque à la fin de l'entretien, in extremis, il s'avère que notre adhérent avait, faute de temps et depuis une semaine au moins, supprimé tout repas pour désormais ne s'accorder que quelques menues bouchées à la sauvette. La prescription médicale fut donc celle d'un dîner, parisien et copieux, au sortir du CIEM pour revenir dès le lendemain en vue d'un contrôle sanguin. Résultat au matin 8 heures : 1 739 neutrophiles par millimètre cube et, y ajoutant le légendaire petit déjeuner CIEM, bientôt 2 868 neutrophiles par millimètre cube ! Le diagnostic de margination leucocytaire, certes atypique par son importance mais pour autant parfaitement rassurant, pouvait être retenu. Tout allait bien. Le temps gagné d'une hospitalisation qui désormais devenait inutile serait consacré à un rituel alimentaire plus raisonnable...

Sédentarité malgré de nombreux voyages, stress, années qui passent : autant de raisons de prendre peu à peu du poids. Beaucoup de nos adhérents en font l'expérience et y font face avec des fortunes diverses. Les plus valeureux d'entre eux, les plus jeunes souvent, s'ils s'investissent en semaine tête baissée dans leur combat professionnel, se livrent ensuite le week-end à une activité physique compensatoire et militante : 22 km de course à pied le samedi, 24 km le dimanche... Voilà la bonne dose ! Notre adhérent, ce jour là, était d'une autre trempe. Comme - paraît-il - des milliers de Français inspirés par des méthodes révolutionnaires venues de Suisse, d'Allemagne et d'Autriche, il avait décidé d'agir autrement. Parfaite présentation ; examen clinique irréprochable, mais, au jour de son bilan CIEM, drame biologique inexpliqué : créatininémie très élevée avec élévation vertigineuse de l'acide urique sanguin. Que se passe-t-il ? Pourquoi une telle insuffisance rénale aigüe que rien ne peut expliquer ? « Il va vous falloir dès demain matin être hospitalisé pour élucider l'origine de cette défaillance rénale. En attendant, vous boirez beaucoup d'eau... » « Ah, mais Docteur, depuis ces derniers jours, je ne mange ni ne bois et, ce, jusqu'à ce que j'aurai perdu mes quatre kilos superflus... ! ». Si jeûne et jeunesse se suivent dans le dictionnaire, est-ce pour autant une raison de les confondre et d'aller l'un pour l'autre à la ruine ? Courageux certes, mais médicalement bien téméraire, notre adhérent ne recommencera plus...

Cet autre adhérent se voit découvrir plusieurs nodules dans le foie à l'échographie abdominale CIEM. L'impression a priori est bien celle de la bénignité, mais comme il est dans cette éventualité raisonnable, il y a lieu de s'en assurer. Le médecin traitant fera ici bons offices. Premier scanner, conforté par une I.R.M. avec injection, nouvelle échographie : on évoque tous les cancers possibles et on revient finalement à un diagnostic beaucoup plus serein et de bénigne « hyperplasie hépatique nodulaire focale ». L'échéance suivante du CIEM nous apprend que les choses ont été en réalité - et elles l'ont déjà été sans doute trop - bien plus compliquées : notre adhérent s'était lancé sur Internet dans une recherche si active qu'il tombe en arrêt ferme sur le diagnostic... d'hémochromatose.

Des douleurs articulaires d'arthrose y trouveraient pour lui aussi leur compte : « j'ai bien une hémochromatose ; d'ailleurs, je suis positif à l'examen génétique caractérisant cette maladie ». S'il est bien vrai qu'une mutation C 282 Y du gène. HFE 1 a bien été chez lui identifiée, celle-ci n'est présente qu'à l'état hétérozygote. Mieux encore, les deux dosages consécutifs de la ferritinémie réalisés au CIEM, respectivement il y a un an à 172 et aujourd'hui à 187 nanogrammes par millilitre, étaient là pour rassurer simplement et pleinement, bref pour affirmer qu'il n'y avait pas et qu'il n'y a toujours pas d'hémochromatose. Bonne nouvelle donc, mais attention à l'ubiquité de la connaissance médicale dont la fréquentation moderne, mondiale et sans filet, doit d'abord inspirer la méfiance; dit autrement, le « colloque singulier » de l'adhérent avec son médecin du CIEM de pouvoir s'y substituer avantageusement !

Modernité encore, efficacité toujours, notre quatrième homme n'avait pas attendu le CIEM pour s'illustrer : il n'y vient pour son bilan de santé qu'après avoir, il y a quelques années, accédé à la place de 50e joueur de tennis mondial. Aujourd'hui manager, il s'est naturellement reconverti dans des activités tout aussi... mondiales. Mais il lui faut pour cela toujours être mobile, ce qui, comme sur les courts, ne va pas sans risque. S'il redoutait jadis le fameux « tennis elbow », depuis quelques mois c'est une douleur persistante de la face interne du poignet droit qui le préoccupe. Notre joueur de tennis tient bien sa raquette de la main droite : est-elle pour autant en cause ?... Les investigations les plus sophistiquées, réservées aux joueurs mondiaux, seraient dans ce cas pleinement justifiées, s'il n'y avait la rigueur qui doit être celle de la consultation CIEM. La douleur s'avérera alors bien « mondiale », musculo-squelettique, en rapport avec la pratique quotidienne, peut-être nécessaire et alors plus de 90 minutes durant, ou peut-être encore addictive, d'un instrument merveilleux, nomadique plutôt que ludique, le Blackberry ! C'est dit, voilà le coupable. Mais l'histoire ne nous dira pas si, pour se détendre, notre adhérent ne partage pas en outre avec ses enfants la toute récente console Nittendo Wii, déjà révolutionnaire par sa capacité à engendrer des « pathologies microtendiniques » et à propos de laquelle les kinésithérapeutes les plus branchés nous indiquent qu' « il faut s'échauffer avant de jouer ».

Managers de l'extrême, échauffez-vous donc « avant le Blackberry » et sachez qu'au CIEM en 2007 vos médecins essayent de vous suivre même là où vos itinéraires et vos pratiques ne sont pas... de tout repos.

Le temps de parole et d'échanges que vous partagez avec eux est un moment essentiel, au cours duquel « normalement » 80 % des diagnostics peuvent être faits ; à la condition que l'on on s'en donne de part et d'autres les moyens. C'est la première et nécessaire étape du bilan qui regroupera examen clinique, imagerie et biologie : seul l'ensemble peut prétendre verrouiller les enjeux de la prévention, à commencer bien sûr par les risques majeurs et traditionnels, métaboliques, cardiovasculaires et cancérologiques.

Ce temps de confiance, en permettant de tout se dire, alors que vos vies s'accélèrent parfois dangereusement, doit être préservé. Le CIEM n'en fait ni n'en fera l'économie ; de ce point de vue, les quatre situations extrêmes qui viennent d'être rapportées sont là pour en témoigner.

Partant, dans un monde devenu imprévisible, même les situations à risque les plus inédites, voire les pratiques les plus insolites qui vous seraient préjudiciables seront aussi démasquées...

Docteur Bruno GRAISELY
Docteur Bruno GRAISELY
Médecin interniste du CIEM
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